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  journal du quartier des Champs Manceaux

Ce journal est édité par le Comité d'Animation 

des Champs Manceaux à Rennes 35200 FRANCE

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Louise de Bettignies

(1880-1918)

Une aristocrate chez les agents secrets.

Née le 15 juillet 1880 à Saint Amand, elle débarque à Folkestone en 1914. venant de Lille. Elle est alors contactée par un officier du service secret Anglais pour retourner en zone envahie. Elle devra renseigner les Alliés sur les mouvements de troupe, les emplacements de celles-ci et le moral des armées du Kaiser. Louise acceptera de travailler pour l'Intelligence Service, connaissant parfaitement l'anglais et l'allemand, atout précieux pour mener à bien ses missions. 

C'est une jeune femme, petite, distinguée, brunes en parfaite santé, une aristocrate. férue d'équitation de golf et de natation. L'espionnage sera un nouveau sport plus dangereux où sa vie sera en jeu. Elle sait que tout pourrait se terminer, attachée à un poteau d'exécution avec douze Mausers braqués, mais la peur n'aura jamais prise sur elle.

Devenue, Alice Dubois elle fonde un véritable réseau s'étendant sur la région de Lille. Une autre jeune femme viendra la rejoindre, elle se nomme Léonie Vanhoutte alias Charlotte. Leurs informateurs seront choisis avec soin. Ceux-ci relèvent les numéros des régiments qui montent au front, notent les batteries. dépôts de munitions et l'emplacement des fortifications. Louise et Charlotte centralisent les informations reportées sur des plans quadrillés et numérotés,' il suffit de deux chiffres pour les signaler avec précision. Tous ces plans sont écrits sur du papier de soie. Les rapports seront livrés chaque semaine à l'Intelligence Service et tout sera utilisé pour le transport de ces renseignements, le talon creux d'une chaussure, le manche de son parapluie, ses baleines de corset ou l'ourlet de sa jupe... Elle utilise une encre invisible et les transcrit sur une pellicule transparente qu'elle colle sur le verre d'un lorgnon (jusqu'à 3000 mots iront sur un verre de lunettes). Les britanniques n'ont plus qu'à faire apparaître l'écriture et la projeter sur un écran. L'armée allemande s'affole. Les Anglais, connaissant tous les déplacements de troupes ainsi que les dépôts de munitions, lui feront le plus grand mal. Louise deviendra marchande de fromages. institutrice, couturière et lingère pour tromper l'ennemi. Mais, l'étau se resserre, le contre-espionnage allemand la surveille. Louise sent que la fin approche et que sa liberté lui échappe. A son frère, elle dira : "J'ai voulu te revoir une dernière fois, je sens que c 'est-fini... ils vont me fusiller".

Le 23 septembre 1915, Léonie Vanhoutte est arrêtée, puis c'est le tour de Louise. Elle sera trouvée en possession de six cartes d'identité différentes. Emmenée à la prison de Bruxelles, elle y reste enfermée six mois. L'aiffaire est jugée le 16 mars 1916 par un conseil de guerre. Les deux femmes refuseront de parler. Le verdict sera prononcé : la mort pour Louise, quinze ans de prison pour Charlotte. Plus tard, la peine de mort sera transformée en détention perpétuelle en Allemagne. Joffre lui accorde la Croix de guerre. Le calvaire de Louise commence... cellule humide sans feu, un châlit à dix centimètres du sol, aucune couverture, elle doit rester debout ou assise presque à terre, la tête dans les genoux. Victime d'une pneumonie, pendant un mois sa température montera à quarante. Au printemps elle va mieux puis rechute. Elle sera opérée au Lazaret en avril 1918. La plaie ne se referme pas, la gangrène est là. Louise s'affaiblit de plus en plus, la mort rôde autour d'elle. Les Allemands refusent de l'évacuer en Suisse à la demande du Pape et du Roi d'Espagne. "Elle nous a fait tant de mal" diront-ils. Le 27 septembre, elle s'éteignit doucement. Inhumée en Allemagne, elle fut ramenée en France en 1920 et enterrée à St Amand les Eaux. La Légion d'honneur fut déposée sur son cercueil avec une citation dont voici un extrait : "S'est volontairement dévouée pendant plusieurs mois, animée par un sentiment patriotique plus élevé, pour rendre à son pays un service important pour la défense nationale". Un écrivain Allemand écrira : "Quand de tels actes ne sont inspirés que par un fanatique amour de la Patrie, qu'importe si c'est dans notre camp ou dans le camp ennemi, il convient de s 'incliner très bas devant ces nobles victimes dont une parfaite pureté d 'intention a grandi le sacrifice".

La rue Louise de Bettignies relie la rue Victor Rault au Boulevard Albert ter, face à la piscine de Bréquigny. Une délibération du Conseil Municipal en date du 27 octobre 1938, a décidé de donner à cette rue, le nom de cette jeune femme, qui rendit de si grands services à notre pays.

(d'après un article de Marcel COUETHUAN pour l'Echo des Champs de Novembre 1997)

M. Bertin de Bettignies, ancien professeur d'université et vice président de Lille 1, petit-neveu de Louise de Bettignies, ayant effectué des recherches sur la vie de sa grand-tante, nous a fait part de quelques remarques sur le texte ci-dessus. Nous avons rectifié quelques imprécisions. Il a bien voulu mettre à notre disposition un texte plus détaillé, condensé d'un document plus important issu de ses recherches. Vous le trouverez au format PDF ici

 

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